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Deux moyens pour "ajuster" la masse salariale face à la crise

Nous vous proposons deux attitudes très différentes, et nous souhaitons vous voir réagir.

Quelle est la meilleure formule et pourquoi ?

Diminuer voire supprimer la partie variable des salaires et maintenir le salaire fixe

“Suppression des bonus et primes : sans toucher à la rémunération de base de ses employés, une entreprise peut réduire le coût de sa masse salariale en supprimant les rémunérations complémentaires, par exemple les primes liées à la performance ou les primes versées à titre de politique sociale (prime de vacances, prime pour une naissance ou un mariage, etc.). Gel des salaires : après plusieurs années d’augmentations supérieures à 3%, les rémunérations vont connaître un coup d’arrêt cette année en France. Selon les prévisions de l’Insee, les salaires versés par les entreprises afficheront mi-2009 une progression de 1,5% seulement par rapport à mi-2008. Baisse des salaires : une entreprise peut légalement négocier des baisses individuels de rémunérations avec les salariés concernés, à condition de respecter les grilles de salaires des conventions collectives et bien sûr le plafond minimum légal. Le salarié peut refuser. Les baisses collectives doivent en revanche faire l’objet d’une négociation avec les syndicats et représentants du personnel. « En France, les entreprises privilégient la flexibilité par l’emploi, c’est-à-dire la suppression de postes précaires, le chômage partiel ou les licenciements économiques, explique Eve Caroli, professeur d’économie à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense et chercheur à l’Ecole d’économie de Paris. Les salaires en France sont en effet très rigides car fortement encadrés par les conventions collectives de branche et le Smic. Dans les pays anglo-saxons, en revanche, la méthode privilégiée par les entreprises en période de crise de l’activité est la flexibilité des salaires, à la baisse notamment. »” Comment les entreprises réduisent leur masse salariale Emilie Lévêque - 04/02/2009 17:47:00 - L’Expansion.com

Jouer sur la baisse des salaires et l’augmentation de la part variable

“Big Blue applique une décision américaine à 2000 salariés en France. Fin janvier, le PDG du groupe américain, Sam Palmisano, s’est félicité qu’en 2008, « IBM ait bien réussi dans un environnement économique extrêmement diffi-cile ». D’ailleurs, son résultat a progressé de 12% au dernier trimestre. Et il s’est déclaré « confiant pour 2009 ». Contrairement à la plupart des autres groupes du high-tech, le PDG n’a pas dévoilé un plan de réduction de ses effectifs. Ce qui n’empêche pas que certains salariés de Big Blue devront se serrer la ceinture. En effet, le groupe américain d’informatique a mis en place une politique salariale controversée pour ses commerciaux dans le monde entier. « En moyenne, la rémunération fixe est diminuée de 15% pour les commerciaux et les technico-commerciaux qui représentent environ 20% des effectifs français », affirme Gérard Chameau, délégué CFDT et élu du comité d’entreprise. La France n’y échappe pas. La nouvelle grille a été présentée le 10 décembre, au comité d’entreprise de la filiale. Elle est entrée en vigueur au 1er janvier. Augmenter la part variable Environ 2 000 personnes dans l’Hexagone sont concernées, puisque « la filiale emploie autour de 10 000 salariés » selon un porte-parole d’IBM France. Pour compenser cette baisse du salaire fixe, la direction a proposé d’augmenter la part variable du salaire, liée aux performances du groupe ou de l’activité. Ainsi, « la direction assure qu’il serait possible de gagner davantage qu’auparavant et que nous leur faisons un procès d’intention », poursuit le représentant du personnel. Or, en période de crise économique, « la réalisation des contrats d’objectif par les commerciaux » devrait être plus difficile. Donc, mécaniquement, les salaires globaux pourraient reculer. C’est déjà le cas pour le premier mois de rémunération des commerciaux d’IBM qui ont opté pour ce mode de calcul. Interrogée, la direction d’IBM France ne confirme ni n’infirme ce mode de rémunération imposé, selon les syndicats, par le siège social aux États-Unis à toutes les filiales. La direction précise que « tous les commerciaux n’ont pas le même plan de salaire ». Elle ajoute que « la répartition entre la rémunération fixe et variable peut varier d’une année sur l’autre et fait l’objet d’un avenant au contrat de travail ». Les salariés peuvent refuser De fait, pour mettre en place ce nouveau calcul, « la direction fait signer une “quota letter” à chaque commercial (« un contrat d’objectif », NDLR) chaque année. Il est possible de refuser et de conserver sa rémunération fixe de l’année précédente. Mais, dans ce cas, on perd la part variable de la rémunération. En outre, les salariés réfractaires risquent d’être mis au placard. Car ils seront mal notés, ce qui pourra entraîner leur mise à pied pour insuffisance professionnelle », redoute le représentant syndical. « Comme le chiffre d’affaires du groupe diminue, nous devons accepter des concessions », affirme un commercial d’IBM France, résigné. Dernière crainte des syndicalistes : que cette méthode pour réduire les coûts fasse florès. « IBM est souvent un laboratoire du Medef en matière sociale », rappelle l’un d’entre eux.” IBM réduit de 15% le salaire de ses commerciaux Marc Cherki 04/02/2009



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